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PROGRAMME ÉDUCATIF DES CENTRES DE LA PETITE ENFANCE
Élaboré par le ministère de la famille et de l’enfance

« Un milieu de vie chaleureux et stimulant pour les enfants, favorable à leur développement et à l’acquisition des habiletés requises pour leur adaptation ultérieure et leur réussite à l’école ». (Programme éducatif, p.5)

Ce programme éducatif nous permet d’assurer la qualité des services éducatifs et permet la continuité éducative entre les phases préscolaires et scolaires.

OBJECTIFS DU PROGRAMME RELATIFS À LA QUALITÉ DE L’INTERVENTION ÉDUCATIVE AUPRÈS DES JEUNES ENFANTS

- Guider les interventions du personnel éducateur
- Assurer la qualité et la cohérence des interventions éducatives de tous les CPE
- Assurer la continuité éducative entre les CPE et les autres services éducatifs
- Assurer la continuité éducative entre les CPE et les familles
- Promouvoir la qualité éducative des CPE

OBJECTIFS DU PROGRAMME RELATIFS AU DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT

Favoriser le développement global de l’enfant
Favoriser les différentes dimensions du développement global (physique, motrice, intellectuelle, langagière, socio-affective et morale)
Favoriser les étapes ultérieures du développement

LE DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT

Il existe plusieurs dimensions du développement global de l’enfant. Celui-ci est perçu comme un ensemble dans lequel plusieurs éléments interagissent et s’influencent. Il s’agit de :

La dimension physique et motrice
Cette dimension est essentielle à l’apprentissage de l’autonomie chez l’enfant. Elle lui permet d’apprendre graduellement à satisfaire par lui-même ses besoins physiques (saines habitudes alimentaires et hygiéniques). La petite enfance est le moment où l’enfant développe sa sensibilité au niveau des textures, du goût, de l’odeur, de l’audition et de la vue. Par la suite, il affine ses perceptions. L’enfant grandit, est actif, bouge, se déplace et développe alors sa motricité, globale dans un premier temps, puis plus précise (motricité fine), ainsi que sa latéralisation.

La dimension intellectuelle
En favorisant cette dimension, on permet la progression des connaissances chez l’enfant. On l’amène à comprendre les relations entre les objets et les évènements, à construire sa pensée et développer ses stratégies de résolution de problèmes. En ayant accès à des activités de classification, de sériation, l’enfant s’oriente dans le temps et l’espace, se familiarise avec la notion de quantité, avec les différences et similitudes de ce qu’il perçoit et développe sa conception du monde.

La dimension langagière
Le langage se situe tant au niveau corporel, oral et artistique. C’est au contact de ses semblables, des personnes responsables de son éducation ainsi que par la présentation d’images, de livres et d’objets que l’enfant peut acquérir cette habileté. La création artistique (chant, danse, pâte à modeler, construction, imitation, jeux de rôles, etc.) représente une autre forme de langage. Tout ces éléments permettent à l’enfant d’acquérir du vocabulaire, à progresser au niveau de la prononciation, à comprendre un langage et à exprimer ses émotions et ses idées.

Les dimensions socio-affective et morale
En relevant de nouveaux défis et en se valorisant à travers les activités qu’il réalise, l’enfant apprend à développer sa confiance et son estime de soi. Cela le mènera à la découverte de son identité personnelle et à l’affirmation de son autonomie. La présence du personnel éducateur et de ses pairs permet à l’enfant de créer des liens avec les autres, de s’exprimer et communiquer, de démontrer confiance et empathie ainsi que de régler ses conflits de manière constructive. De plus, la vie collective contribue à créer chez lui un sentiment d’appartenance et de confiance en autrui de même qu’elle lui permet d’apprendre à respecter des règles et à résoudre des conflits sociaux, ce qui constitue la base du développement moral.

Les étapes ultérieures du développement
Au niveau de la petite enfance, nul n’est tenu d’avoir une approche scolaire. Il faut plutôt favoriser l’actualisation du potentiel de développement de l’enfant et miser sur l’acquisition ou la maîtrise de certaines attitudes ou habilités qui précèdent les apprentissage scolaires. On parle ici de confiance et d’estime de soi, de respect des autres, de motivation, du goût de la découverte, de l’expression de son point de vue, de la capacité d’attention, de l’habitude de recherche de solutions, etc. Le passage de l’enfant au niveau scolaire sera donc facilité.

LES PRINCIPES DE BASE

Chaque enfant est un être unique
Bien qu’il existe des séquences prévisibles au développement de l’enfant, chacun d’entre eux possède une personnalité unique ainsi qu’un rythme de développement qui lui est propre.

Le développement de l’enfant est un processus global et intégré
Il touche toutes les dimensions de sa personne (physique, motrice, intellectuelle, sociale, affective, morale et langagière). Ces dimensions sont interreliées puisque chacune d’entre elles fait appel aux autres, ce qui crée un effet d’entraînement sur le développement global de l’enfant.

L’enfant est le premier agent de son développement
La pensée de l’enfant s’inspire directement de ce qu’il voit, entend ou touche. Par ses interactions avec les environnements physique et humain, que ce soit en explorant, en manipulant, en observant, en écoutant, en s’exprimant, il construit alors sa connaissance de lui-même, des autres et de son environnement.

L’enfant apprend par le jeu
Tout est prétexte au jeu pour l’enfant. Le jeu est donc la principale activité que doit proposer le personnel éducateur et la base de l’intervention éducative. L’enfant explore, comprend et maîtrise son environnement par celui-ci. C’est le moteur de son évolution et de ses interactions. À travers ses jeux, le personnel éducateur apprend à connaître l’enfant, ses émotions, ce qu’il connaît et ce qu’il voit.

La collaboration entre le personnel éducateur et la famille est essentielle
Elle contribue au développement harmonieux de l’enfant. Si l'enfant a développé une relation de confiance solide avec ses parents et si l’ensemble des adultes qui l’entourent développent des relations de confiance mutuelle, d’entraide et de respect, l’enfant sera lui-même plus ouvert à de nouvelles relations sur ces mêmes bases. La qualité des échanges entre le personnel éducateur et les parents vaut donc son pesant d’or puisqu’elle offre la possibilité à l’enfant de s’adapter plus facilement et de se voir offrir un univers cohérent.

LES DOMAINES D’APPLICATION DES PRINCIPES DE BASE

1. La structuration des lieux

Prévoir des espaces qui tiennent compte des besoins et intérêts des enfants, c’est à dire qui leur permettent de bouger, créer, manipuler, explorer, s’isoler et jouer avec ses semblables. Il peut s’agir d’espace ouverts ou fermés, selon la grandeur de la pièce disponible.

Aménager les locaux de manière à favoriser le développement global. Diviser l’espace en coins d’activités en est un exemple. Cela invite l’enfant à entreprendre des activités qui peuvent stimuler toutes les dimensions de sa personne. Un coin d’activité sollicite au même moment plusieurs des habiletés de l’enfant. Il peut modifier le matériel, parfois même le mobilier, dans le but de se créer une activité différente de celle qui était à prime abord prévue.

L’aménagement doit permettre à l’enfant d’avoir un contact direct (visuel et physique) avec le matériel de jeu, qui doit être disposé de façon à offrir à l’enfant de multiples possibilités d’utilisation (exploration, manipulation) et certains défis. L’enfant est donc libre de choisir, d’agir, de relever des défis et de vivre l’apprentissage. Il s’organise alors de manière autonome. Il faut donc éviter de placer le matériel conçu pour les touts-petits sur des tablettes (ou autre mobilier) qui leur sont innacessibles.

Il faut mettre à la disposition de l’enfant du matériel polyvalent, adapté à ses besoins et intérêts. Il doit être varié, stimulant, attrayant et en quantité suffisante. Cela lui permet de réaliser les activités de son choix, selon ses goûts et ses capacités. Dans la même optique, il est pertinent de faire des rotations de matériel de jeu périodiquement afin d’offrir à l’enfant d’autres possibilités jusqu’alors inexplorées.

Le matériel éducatif de type « commercial » est bien mais l’environnement ne devrait pas être uniquement composé uniquement de ce type de jeu. Les objets de la vie courante (neufs ou usagés) tel que bouchons de liège, cocottes, rouleau de papier essuie-tout vide, feuilles d’arbres, etc., sont tous des éléments qui permettent à l’enfant de créer selon ses envies, son imagination et d’exploiter ainsi de multiples avenues. Le jeu que l’enfant se crée à l’aide de ses différents éléments restera toujours le jeu le plus éducatif qui soit.

Rendre les lieux accueillants et confortables facilite la présence des parents et par la même occasion, permet de créer et d’entretenir de bonnes relations parent-personnel éducateur.

2. La structuration des activités

Établir un horaire et respecter les besoins individuels. L’enfant a besoin de points de repères pour anticiper les évènements de la journée. Il développe alors un sentiment de sécurité, ce qui le rend plus autonome car il est capable d’annoncer les évènements qui suivront, par exemple, le début puis la fin d’une activité ou tout simplement qu’après le dîner vient la sieste. En tout temps, il est également souhaitable de tenir compte des rythmes biologiques de chacun des enfants. Le personnel éducateur se doit d’accepter que tous n’ont pas les mêmes besoins au même moment (sieste, alimentation, élimination, détente, jeu, etc.).

Faire participer les enfants à l’aménagement de leur environnement est très important, que ce soit en affichant leurs créations, en les amenant à exprimer leurs intérêts à propos de l’aménagement, en identifiant le matériel, etc. Cette manière d’organiser le milieu où évolue les enfants encourage leur créativité car elle se base sur leur vision personnelle des choses.

Encourager la créativité de l’enfant c’est lui permettre d’exprimer sa perception des choses (de manière verbale ou par l’activité artistique), l’amener à trouver de nouvelles solutions à un problème, lui donner l’occasion d’inventer de nouveaux jeux ou trouver de nouvelles façons de faire. Savoir accueillir cette créativité de manière positive est essentiel.

Organiser des activités ouvertes permet à l’enfant de se sentir écouté, respecté et d’être actif car c’est lui-même qui détermine le contenu de l’activité et qui en modifie le cours selon ses besoins et intérêts. Chaque enfant a besoin de participer à des activités qui correspondent à son stade de développement. Il se sent alors motivé et capable de réussir. Ce sont justement les réussites répétées qui lui permettent de développer une estime de soi positive, ce qui représente un facteur essentiel quant à sa motivation à apprendre. La capacité du personnel éducateur à comprendre et exploiter les différentes dimensions de la personne et d'adapter sa demande en fonction des capacités de l'enfant est à la base des réussites de celui-ci. Par exemple, l'éducateur(trice) peut faciliter la consolidation d’un nouvel apprentissage ou en augmenter le niveau de difficulté si l'enfant y est prêt.

Varier les modes d’encadrement et d’animation en alternant les activités en atelier, en petit groupe et en grand groupe. Appliquer cette variation favorise le développement global car chaque mode d’encadrement et d’animation invite à une expérience particulière et différente des précédentes mais toutefois complémentaire. Lors de ce type d’activités, les choix de l’enfant sont tout de même respectés : il peut choisir de vivre une expérience seul, à côté d’un petit groupe qui a un projet commun. Le personnel éducateur se doit de proposer des activités ouvertes, qui permettent aux enfants d’élargir leurs expériences et leurs connaissances du monde. Adopter des modes d’animations des activités qui engagent l’enfant lui permet de s’approprier son processus d’apprentissage. Les activités en ateliers répondent à ce besoin. L’enfant exerce un choix, agit en conséquence et effectue un retour sur son expérience en s’exprimant sur ce qu'il a appris, ce qu'il a le plus et le moins aimé et les moyens qu'il a trouvé pour résoudre les difficultés qu'il a rencontré.

Accorder une attention particulière à chacun des enfants durant les activités donne une reconnaissance à l’enfant en tant que personne distincte. Les petits groupes et les ateliers sont particulièrement favorables au soutien individualisé car ils offrent la possibilité au personnel éducateur d'observer, d’adapter son intervention aux attentes et aux besoins individuels de l’enfant.

Privilégier le jeu comme moyen de stimulation permet aux enfants de s’insérer eux-mêmes dans des expériences stimulantes. Pour cela, il leur faut bien sûr du matériel adéquat et le soutien du personnel éducateur qui proposera des activités propulsant le jeu à l’avant-plan.

Encourager toutes les formes de jeu, qu’ils soient solitaires, parallèles, associatifs ou coopératifs, symboliques, etc. Cela est essentiel puisque chaque forme de jeu conduit à un/des apprentissage(s) différent(s).

Favoriser les occasions d’échange entre les enfants car c’est de cette manière que l’enfant nourrit son processus d’apprentissage. Il existe une multitudes de moments propices à ces intéractions dans une journée, entre autre lors des repas/collations et des rassemblements. Le personnel éducateur doit fournir l’occasion aux enfants de prendre des décisions collectives, d’écouter les autres et de discuter.

Favoriser la continuité entre les activités du service de garde et celles de la famille en établissant de bons rapports entre les parents et le personnel éducateur. D’une part, cela permet au personnel de mieux connaître l’enfant et d’autre part, les parents se voient donner l’occasion d’adopter des visées communes à celles du service de garde ou CPE. Les occasions d’échanges sont diverses. Il peut s’agir de rencontres parents-personnel, d’activités parents-enfants ou tout simplement à l’arrivée ou départ de l’enfant. Sans oublier le cahier de communication qui s’avère fort utile. Se rendre disponible est donc une obligation tant au niveau parental qu’au niveau du personnel éducateur.

3. L’intervention du personnel éducateur auprès des enfants et des parents

Adopter un mode d’intervention démocratique (ou juste milieu) qui permet à l’enfant d’avoir sa place dans la prise de décisions qui le concerne. Chacun a alors la possibilité de participer à la définition des règles et aux éléments de fonctionnement du milieu en exprimant ses besoins, ses limites et en négociant des solutions acceptables. Le personnel se doit de faire preuve de constante, de flexibilité, d’ouverture à la critique et de remise en question.

Utiliser le jeu pour communiquer avec les enfants. Le personnel éducateur peut se servir par exemple de marionnettes pour transmettre des informations et donner des consignes, créer un jeu pour motiver les enfants quant vient le temps du rangement, proposer une démarche loufoque pour se rendre à la salle de bain pour se laver les mains, faire découvrir la collation qui sera servie à l'aide d'une devinette, etc.

Valoriser l’enfant qui joue en le soutenant, en formulant des commentaires positifs, en se faisant complice de ses jeux et en acceptant de bon cœur d’adopter un rôle qu’il aura lui-même défini.

Prévoir des périodes d’observation afin d’être en mesure de respecter l’unicité des enfants. C’est par l’observation que le personnel éducateur apprend à connaître les enfants car cela lui permet de les voir agir en situation naturelle ou spontanée, sans contrainte ou influence de la part de l’adulte. C’est le moment de recueillir des renseignements essentiels pour être en mesure de bien les accompagner dans leurs démarches d’apprentissage. Les habiletés et les anecdotes amusantes sont prises en considérations et de nouveaux défis pourront bientôt être proposés. Les contraintes à la réalisation de leur potentiel sont notées et les correctifs opportuns peuvent alors être apportés.

Adopter une attitude positive, chaleureuse et respectueuse à l’égard des parents dans le but de développer des relations de qualité. Il faut reconnaître les parents comme étant les premiers responsables de l’éducation de leur enfant. L’éducatrice(teur) s’informe sur ce que vit l’enfant au sein de sa famille et met les parents au courant des forces et des faiblesses de l’enfant. En s’inspirant du mode d’intervention démocratique, le personnel éducateur partage le contrôle et les décisions avec les parents en élaborant avec ceux-ci des stratégies communes qui aideront l’enfant à se développer. Ces échanges de qualité permettent aux parent de prendre conscience de la richesse des activités vécues dans le milieu et leur donnent les moyens nécessaires pour aider leur enfant à maintenir, développer et généraliser ses acquis. Cette complicité parent-personnel éducateur est très précieuse au développement de l’enfant.

 


Ces informations ont été rédigées à l’aide du document suivants:
Programme éducatif des Centres de la Petite Enfance; Publication du Québec

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Conception et recherche: Karine Charest
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